Foire du livre de Bruxelles

Comme annoncé en rubrique, mes publications seront disponibles à la Foire du livre de Bruxelles et j’y serai présent le jeudi premier mars de 12 à 14 heures, à l’espace du Service du Livre Luxembourgeois

J’ai quatre entrées à vous offrir, que vous n’êtes même pas obligés de faire valoir le jour ou la foule en délire s’arrachera mes vêtements comme autant de reliques précieuses : contactez-moi par courriel à l’adresse que vous trouverez en cherchant un peu sur ce blogue ;)

Neige

Neige. La solitude sur des kilomètres de chemins estompés, d’arbres poudrés que la bise malmène, d’horizons incertains bleutés entre deux rives. La belle solitude, la bonne, la riche. Celle qui te dimensionne, qui te rend à toi-même et toi-même aux étoiles ; la chanson d’infini que les oiseaux murmurent en ébrouant les feuilles du gros hêtre engourdi. Cette chanson au-delà des chansons, prière au-delà des prières qui célèbre le jour et ne craint pas la nuit.

Neige. Et chaque sensation redevient essentielle, irrigue la mémoire en toi immémoriale d’un temps avant le temps de n’être que du temps passé à se convaincre que l’homme est étranger. Chaque chose te parle, chaque bruit, chaque odeur, le moindre mouvement, la forme des nuages et la couleur du vent. Aiguisé à mesure tu pénètres leur sens, et tu franchis le pas. Tu es là, simplement, et partout à la fois. Et tu te sens vivant d’une vie sans limite.

Neige. Où voudrais-tu aller que tu n’y sois déjà ? L’univers en cristaux s’accroche à tes cheveux.

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Rêver la main

Cette violence. Cette énergie. Celle de la haine. C’est la même. Celle du bâtisseur. Même main qui se tend, ouverte, doigts tendus ou crispés. Sur la détente ou le pinceau, le bistouri, l’archet, le manche. Un cri. Et le silence autour, où gronde l’univers en atomes, lumières, en forces, mouvements. Le sourire, la grimace, la douleur et la foi. Qui la maîtrise ? Qui maîtrise le but, domine l’échéance ? Qui la propulse contre quoi, en rebonds, et pourquoi ?

Les gouttes. Une à une. Source, rivière, fleuve, marée. Nuage.

Qui ? Quoi ? Comment ? Pourquoi ? Où ? Et ?

Mais encore ?

Maîtriser l’absence de prise. Regarder le chemin, devant, derrière. Passé, futur. Absents, rongeurs rongés. Et le présent. Où ? Quel présent ? Indicatif absent.

Mais en corps.

Mais en corps et à cri. Oser les possibles, gardés les peut-être. Ne rien espérer, même. De même ne rien vouloir : va savoir.

Il marchait. Aveugle et sourd. Et dans sa tête des forêts, des chants d’oiseaux, des sourires d’enfants, de belles mains tendues.

Il tombait. Et sans rien dire, sans maudire et quand même, il repartait.

Mille, dix-mille années, qu’importe. Il marchait, c’était le moment de marcher dans le temps et l’espace d’une incise peut-être ou d’un néant, qui sait. Alors, il essayait de marcher bien. Pour dans sa tête les forêts, les chants d’oiseaux, les sourires d’enfants, les belles mains tendues. Même énergie, mais le rêve était sien, était beau. Était doux et paisible. Et le restait. Et chaque chute l’amplifiait.

Cri. Instrument. Vibrer ses rêves. Force, la conduction.

La note. Elle est infinie. Totale. Au-delà, même. Elle est toutes les notes. Toutes et aucune.

Mais le rêve. Rêver la main du bâtisseur.

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Dji vou bin

Dji vou bin
dji vou bin
tot va må, dji l’sè bin,
lu planète è le djins,
lè tièsses, gouvernumints
ki n’govèrnè’nt pu rin
mè ki houtè’nt seul’mint
lè vwès  d’tos cès vårins
ki no t’nè’nt po dè tchins.
Tot va må, dji l’sè ben.

Mè fåt-i po çoula pinde su geuye, tchére sè brèsses,
louki s’vwèzin tot d’crèsse ?
Duvni ossi mètchant, ossi deûr, ossi bièsse
ki to cès èwarés ki s’prindè’nt po dè maisses ?
Cè martchands d’orèmusses, cè barakîs d’kermesse ?

Dji n’creû nin
dki n’creû nin
tot va må, dji l’sè bin,
lu planète è lè djins,
lès èfants, åhèyemint,
ki n’comprindè’nt pu rin
è ki houtè’nt bråmint
lè vwès d’tos cès vantrins
ki t’hè’nt qu’tot irè bin,
ki s’batte nu chèf’ve à rin.
Tot è fås, dji l’sè bin.

Mè fåt-i po çoulà lèyi l’må prinde lu plèce,
èlêdi ås aguèsses ?
Dîre quu tot ès’t’ èwåle, neûrcî l’djoû, clåre lu mèsse
pasku l’prîrlådje è plin’ne d’estènés fîrs du l’èsse ?
Minti come i mintè’nt po sèye houkî à l’fièsse ?

Dji n’vou nin
dji n’vou nin
fåt sèye bièsse, dji l’sè bin,
lu planète è lè djins
iront là, n’iront nin,
iront là qu’on vout bin ;
mè si d’j'polév’ve seul’mint
hare è hote, pî foû-d’vins,
fé lûre on pô, on rin,
dè solo tot la-d’dins
dji m’direû : « téle fèye bin… »

( traduction et commentaire en rubrique )

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Par la fenêtre

Instantanés pour un matin d’hiver
( à Claire et Alain Léonard )


Brins de neige
semés à la volée
comme autant de miroirs éclatés.

-o-

Froissées
les traces
murmures
à peine.

-o-

Dentelles
sanguines
les ramilles éparses.

-o-

Sémaphore
la flottille des moineaux.

-o-

L’ombre
marée montante des nuages.
Les écumes bientôt dévaleront du ciel sur la haie qui somnole entre deux chants d’oiseaux.

-o-

Fidèlement
le doigt-regard frémit
de plumes en écorces.
Chanter les horizons
que le soleil
moissonne.

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