La pourpre et l’Épine

Les vagues

leur chant, celui des arbres dans le vent, font la respiration du monde : qui respire avec eux oiselle par son souffle de possibles matins que le soleil irise dans l’humaine rosée

monter la flamme, et monter avec elle : oser le feu, aller au cœur, comme au creux du buisson la main cherche la fleur

une fleur sans couleur, sans parfum et sans forme, où toutes sont incluses

Rose des quatre cardinaux

l’apparence est contraire, l’apparence à connaître, l’Unité à trouver en qui le mouvement dépasse l’apparent de la Rose elle-même

car ignorer l’emprise ça n’est pas lâcher prise

.
je suis l’oiseau
je suis
le chien
je suis
le saint
et son bourreau

ni l’un
ni l’autre
mêmement
tant l’un
et l’autre
vont passant
et l’un
et l’autre
seulement

.
trouver peut-être, alors, ce qu’on n’a pas perdu ; qui ne se peut trouver qu’en cessant de chercher

il est immobile

au centre du mouvement

Il est le mouvement

ainsi est-il et s’Il est ainsi

je Suis

et dans chaque être, en toute chose

Est ce que Je Suis

Variations de Bra-sur-Lienne (1) : fenêtres

bra_sur_lienne_ 033

De fanges en arkose, de schistes en rivière, quelques fenêtres vieilles polissent du regard les chemins onduleux foulés de millénaires, dont chacune connaît un lambeau du secret. Noces et Grande peste, tombereaux et arrois ; moissons de gerbes ou de sang : les fenêtres ont vu. Et leurs gémissements au vent de noire bise chevauchent quelquefois les frontières du temps, ralliant au présent des frissons en-allés que les nuages défaits emportent dans le ciel.

Outre-bleu

Il y avait
ces frémissement d’ailes
d’azur et de gravidités

Ce chant immémorial

Et dans la chevelure-feu d’un météorique reflet
mon regard et ma voix qui chantaient avec lui

Ni ceci
ni cela

mêmement

ceci
et
cela

à tous les temps
d’un même temps
en même temps
nulle-part et pourtant
intensément
présent

( Tout commence, me dit-il, quand finit le son ॐ )

Isabelle, qu’elle s’app’lait

( Pour le groupe Peau d’zob in the snow wizze zeuh Scolopendres )

Elle s’app’lait Isabelle
Isabelle
tractopelle
fleur de biniou
ell’ s’app’lait Isabelle
tractopelle
Isabell’
et j’en étais fou

Oh oh eh èèh
oh oh oh
c’est l’été c’est l’été
oh oh oh
eh eh èè oh
pneu crevé mazouté

Tout nu dans la chapelle
Isabelle
je m’rappelle
nos rendez-vous
bénitier eau d’vaisselle
Jacques chancelle
Isabelle
bon dieu t’es où

Oh oh eh èèh
oh oh oh
pneu crevé mazouté
oh oh oh
eh eh èè oh
c’est l’été c’est l’été

Fou j’en étais
d’Isabelle
tractopelle
Isabelle je l’app’lais
minou minou
Isabelle
tractopelle
Comm’ la vie est cruwèlle

Changé

Un chant s’est élevé, annonçant le départ d’un que j’avais aimé sans jamais le connaître, aimant ce qu’il donnait.

Trois gouttes – quatre – sur les cils
et la joue les enfièvre
n’iront aux lèvres

« Croyez-vous – me dit-elle – que les oiseaux reviennent quand revient l’horizon ? Les mêmes, autrement ? Sur cet horizon autre, mêmement ? Et les reconnaît-on ? Et nous remettent-ils, si mêmement nous sommes à ce point étrangers à ce que nous étions quand ils sont en-allés ? »

c’était l’heure médiane. Celle de l’Œil ouvert ; où la mort un instant dépose sa couronne aux pieds de l’aubépine.